IA et outils
Due diligence assistée par l'IA : ce qui change pour une banque d'affaires
Wilfrid Hotome, DAF · · 6 min de lecture
L'IA ne remplace pas l'analyste ; elle déplace son temps. Retour sur ce que change une chaîne de due diligence assistée par l'IA, vue de l'intérieur.
Où passe le temps d'une due diligence
Dans une due diligence financière classique, la majorité du temps est consacrée à lire, extraire et rapprocher : grands livres, balances, liasses, contrats, tableaux de la data room. L'analyse proprement dite, celle qui fait la valeur du rapport, vient après, souvent sous pression de calendrier.
Ce que l'IA fait bien
Lire des documents hétérogènes et en extraire des données structurées. Rapprocher une balance d'une liasse, un grand livre d'un relevé. Repérer les écritures atypiques, les ruptures de série, les éléments non récurrents candidats au retraitement. Produire un premier pont d'EBITDA, une première analyse de BFR et de dette nette, avec la trace de chaque chiffre vers sa source. Et le faire en heures plutôt qu'en jours.
Ce qu'elle ne fait pas
Juger. Décider si un retraitement est défendable face à l'autre partie. Comprendre qu'un contrat client signale une dépendance. Estimer un BFR normatif dans un secteur saisonnier. Signer le rapport. Tout cela reste le travail d'un professionnel qui a déjà négocié ces sujets.
L'organisation qui fonctionne
Une chaîne en trois temps : extraction et structuration par l'IA, avec contrôles automatiques de cohérence ; relecture et analyse par un directeur financier, qui valide ou corrige chaque retraitement ; mise en forme au standard du cabinet. Le rapport final est le même qu'avant ; le temps de production a changé, et la traçabilité est meilleure.
Ce que cela change pour une banque d'affaires
Des rapports de screening plus tôt dans le processus, des vendor due diligences plus complètes à budget constant, et une capacité à traiter plus de dossiers sans dégrader l'exigence. La condition : garder un DAF dans la boucle, qui engage sa signature.
